| Jean Claude Barrault - De l'USM à l'UESM : la formation pour idéal |
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Discuter avec Jean Claude Barrault est un vrai
plaisir. L'écouter parler de l'apprentissage du football est un régal. Jean
Claude est de ceux qui vivent leur passion intensément, pour l'aventure
humaine avant tout. D'ailleurs il aime à assortir au récit de sa vie les
hommes qu'il a croisé et qui l'ont marqué. Avec humilité, d'une voix
toujours très posée, il distille des mots mesurés, sans excès, sans emphase.
A l'entendre on découvre vite l'homme de terrain qu'il est. Chez lui, le
discours est sobre et il ne vient qu'en appui des valeurs qu'il a fait
siennes depuis déjà de nombreuses années.
Deux clubs
dans ma vie
Jean Claude Barrault est né le 28
novembre 1957 à Poitiers. Mais c'est à Lusignan qu'il va grandir. Passionné
de sport dès sa plus tendre enfance, il va se partager entre l'athlétisme et
le football parmi les blancs et bleus de (clin d'oeil !) l'U.S.M. (Union
Sportive Mélusine). De cette époque et des Lacroix et Papineau qui vont le
marquer pour toujours, il retient la complémentarité des deux disciplines.
Dans les années 80, Lusignan est aux portes du plus haut
niveau régional. En senior, il évoluera en équipe 1 en PH pendant 8 ans,
jusqu'à l'âge de 30 ans en tant que joueur puis une année comme entraîneur-joueur
que sa sédentarisation professionnelle à Poitiers lui permettra d'assurer
dans de meilleures conditions. La descente de son équipe cette année là
restera pour lui une petite tache que le perfectionniste qui sommeille en
lui mettra quelques temps à effacer. De ces années USM, il aime à se
rappeler un match de Coupe de France légendaire contre... Montmorillon alors
en troisième division. Ce 26 novembre 1983, sous une pluie diluvienne,
l'arrière droit inconsolable verra s'envoler la victoire après avoir poussé
l'UESM de Giuntini jusqu'aux tirs au but (3-4, 2-2 à la fin des
prolongations).
En 1991, Alain Felden, l'appelle au Stade Poitevin et lui propose
de prendre en mains l'équipe C et les deux équipes juniors. La première est
alors en 1ère division départementale. Il assure la montée des trois équipes
qu'il va coacher pendant trois saisons.
L'expérience la plus enrichissante pour lui restera sans aucun
doute les quatre années suivantes passées avec les 17 ans nationaux. Quatre
années d'abnégation totale où les sacrifices seront grands pour lui et sa
famille. Mais quatre années qui lui font prendre conscience qu'il est
vraiment taillé pour la formation. Quatre années prospères avec, en point
d'orgue, le souvenir d'une formidable victoire sur Nantes à Marcel Saupin.
Par la suite, avant de retrouver
ses 18 ans, il assurera la montée au niveau national des 15 ans du Stade
Poitevin.
"Pour construire et faire prospérer un club, il faut
commencer par assurer une formation de qualité. L'école de foot est
primordiale. Elle doit précéder la structuration des équipes seniors, et non
l'inverse, car elle apporte de la pérennité."
Cette vision des choses, l'image que l'homme donne de lui même, et
la proximité des lieux ne pouvaient que l'amener à participer à la vie du
District de Football de la Vienne. Aujourd'hui membre de la commission
technique aux côtés de Jean-Pierre Bernard, il apporte ce qu'il sait faire
sur le terrain servant ainsi le développement des jeunes du département.
"Ce qui me manque c'est le temps...", regrette t'il.
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Le BE1 avec
Giresse et le DEF avec Papin, Huart et Six.
Jean-Claude Barrault est titulaire depuis 2 ans du diplôme
d'entraîneur de football (DEF) qui lui confère la possibilité d'entraîner
une équipe classées hiérarchiquement en dessous du Championnat National
(c'est à dire en CFA et en dessous). "Le D.E.F. est une suite logique du BE1
que j'avais passé en 1992 à Puymoyen en même temps que Giresse et Gengini. J'ai mis du
temps avant de me décider. Il n'était pas dans mes objectifs de l'obtenir
pour faire autre chose, mais j'avais aussi un peu envie d'aller à
Clairefontaine." Effet stimulant de la Coupe du Monde ou pas, toujours
est-il qu'il s'inscrit à la
session de 1999.
Encore un moment fort dans son existence. Il se retrouvera avec
Huart, Domergue, Papin, Six et Galtier, rien que ça... mais il
échouera ! Des 90 points nécessaires pour être admis, il n'en récoltera
que... 89. C'est vexant, avouons le, mais c'est aussi encourageant. La
deuxième fois sera la bonne.
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L'UESM pour un
nouveau challenge
Jusqu'à hier encore il avait en charge les deux équipes 18
ans du club phare Poitevin (Honneur et PH). Il y supervisait aussi
l'ensemble de l'école de foot.
Alors que la page du Stade Poitevin se tourne pour
lui, avec un DEF en poche, nombreuses sont les propositions qui sont faites
à Jean Claude Barrault en cette fin de saison 2002-2003. Mais le diplôme
n'est pas la seule motivation des clubs qui l'appellent. Certes,
l'obligation faite aux clubs de niveau DH et supérieur d'avoir des
entraîneurs diplômés est une des causes. Pour ce qui est de l'homme, le "papier
officiel" qu'il a en poche matérialise ses compétences et son potentiel. Mais
il y a plus. Poitevin
depuis toujours, l'homme est bien connu des milieux sportifs dans la Vienne. Et parmi
tous ceux qui l'ont côtoyé de près ou de loin, vous
n'en trouverez pas beaucoup qui le dénigreront. Barrault à bonne presse et
celle-ci est fondée. On le présente comme un éducateur né, intègre et franc.
Homme de parole, il place la fidélité et la confiance à un degré très élevé.
Pour lui, le mot "séparation" est sans doute un des plus cruels qu'il
connaisse et si cet événement doit arriver, il fera tout pour que ce ne soit
pas lui qui l'initie.
Alors, parmi toutes ces demandes qui l'honorent, il cherchera celle qui lui
apportera le plus de stabilité et qui correspondra le mieux à ses nouveaux
objectifs. Après des années passées à manager des équipes de jeunes,
l'entraîneur manifeste le souhait de retrouver l'encadrement d'une équipe
senior.
Dans le même temps, l'UESM recherchait quelqu'un susceptible de
poursuivre la construction du club Montmorillonnais engagée depuis 5 ans
avec Jean Pierre Bernard. Un homme d'expérience tout à la fois capable
d'apporter un réel soutien actif et permanent à Fabrice Tessier, avec de
nouvelles idées et un point de vue différent, et un homme qui soit
l'animateur d'une commission technique bien en place et dont l'efficacité
n'est plus à démontrer. Etre l'interlocuteur de tous les éducateurs, le
rouage essentiel entre un bureau directeur qui définit une stratégie et fixe
des objectifs et les hommes de terrain qui portent les valeurs et font
fleurir les ambitions du Club, voilà ce que demande le président Jean Marie
Boisset à Jean Claude Barrault. Ce souhait d'organisation doit s'inscrire
dans la durée. Ici, les girouettes et l'éphémère ne sont pas de mise.
Jean-Claude Barrault, pour toutes ces raisons se révèle l'homme
providentiel. C'est lui dont l'UESM a besoin pour attaquer la saison
2003-2004.
D'abord hésitant du fait de la distance entre Poitiers et
Montmorillon et des contraintes que cela va lui poser (notamment en terme
d'horaire), et craignant un moment de ne pas être à la hauteur de son
prédécesseur Jean Pierre Bernard qu'il connaît très bien et respecte
profondément, il va finalement se laisser séduire par l'opportunité qui
s'offre à lui. Méthodiquement, il va chercher à tout savoir du club qui
l'appelle.
Epoustouflé par la seconde mi-temps du match "Montmorillon -
Vasles", le 26 avril 2003 (victoire de l'UESM 7 à 0), et très intéressé par
l'organisation efficace et le projet sportif motivant du club
Montmorillonnais, l'ex-entraîneur Poitevin va finalement se décider à
rejoindre les rives de la Gartempe. Pour le challenge que cela représente
pour lui, bien sûr, car il n'a pas l'intention de s'engager à moitié. Et
pour la "sécurité" aussi, car entrer dans un club déjà bien structuré, avec
un entraîneur bien en place, reconnu par ses pairs et dont les résultats
récents forcent l'admiration, laisse une marge de manoeuvre non négligeable.
L'adaptation à l'inconnu peut ainsi être gérée avec plus de souplesse. Avec
l'humilité et la modestie qui le caractérisent, il sait qu'il pourra
apprendre aux contacts des autres et ce principe lui plait bien.
Pour l'UESM, l'arrivée de Jean Claude Barrault au poste
d'entraîneur général est une nouvelle
étape de son projet d'organisation. Tout porte à croire en effet que les
relations qui s'opèrent entre les hommes en place et l'entraîneur diplômé,
seront du type "gagnant-gagnant". Et sur le terrain, demain, lorsque Jean
Claude aura laissé la place à Papa's (prononcez Papasse) sur les lèvres de
tous les joueurs, éducateurs et dirigeants de l'UESM, la réussite de cette
nouvelle page qui s'ouvre sera certaine.
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