C'est l'adieu aux armes. Fab est venu saluer le kop, remercier
une dernière fois ce public fidèle qui l'a si souvent soutenu
depuis tant et tant d'années. L'émotion que l'on peut lire dans
le regard des joueurs présents sur cette photo est partagée par
tous ceux qui sont présents dans l'enceinte du stade. Et quels
que que soient les sentiments que l'on porte à cet homme, qu'on
aime ou qu'on aime pas sa manière de faire, sa manière de dire
et sa manière d'être. Quel que soit l'avis que l'on porte sur sa
tactique, sa technique et sur sa façon bien à lui de mener les
hommes. Puisqu'un individu comme lui ne peut de toute façon pas
laisser indifférent. Qu'on l'admire ou qu'on le déteste, il n'y
a personne qui pourra dire, honnêtement sans passer pour un
hypocrite ou un farfelu, que ce monsieur n'a pas marqué à tout
jamais l'histoire de l'UESM. En trente ans d'une fidélité sans
faille, il aura réussi ce que bien peu d'individus réussiraient
dans les mêmes conditions. Bien sûr, il aura profité de plein de
circonstances. Il aura construit son histoire avec d'autres
hommes, tout aussi méritants, qui ont croisé son chemin et qui
ont eu en lui une confiance sans cesse renouvelée. On battit
rarement seul dans un club de football et les plus belles
réalisations sont toujours le fruit du travail d'équipes soudées
et ambitieuses. Mais Fab a su contre vents et marées mener son
bateau jusqu'à destination. Tous ceux qui sont montés à bord au
cours de la grande traversée des trois dernières décennies en
seront marqués pour longtemps. Du petit mousse à l'amiral, ils y
auront rencontré un homme hors normes. Un de ceux qui aurait
fait avancer un paquebot à la rame s'il avait fallu le faire.
Jusqu'à l'épuisement. Les plus raisonnables y ont vu un fou
passionné, exigeant et obstiné. Nous, que l'UESM réunit dans un
esprit un peu à part, nous y avons souvent vu un héros des temps
modernes, comme ceux que l'on admirait, enfant, dans les films
d'aventure. Pas toujours exemplaire, avec ses faiblesses et ses
défauts, mais toujours avec ces petits quelques choses qui
forcent le respect et qui s'appellent l'exemple et le courage et
qui font que, malgré les tuiles de la vie, on ne baisse jamais
les bras. Au grand jamais. C'est aux bras levés vers le ciel
qu'on reconnaît les vainqueurs !
Fab, si j'avais une seule photo à te dédier, je choisirais
celle-là. De toutes celles que j'ai faites depuis cinq ans à tes
côtés je crois bien que c'est la plus réussie.