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 Lundi 8 juin 1980


   Depuis ce 21 mai maudit, la cité montmorillonnaise a retrouvé peu à peu son calme. Les conversations roulent encore parfois sur le football, mais c’est pour rappeler tel dribble de Gatefait ou tel but de Queyrel, éclats dans une saison terminée en queue de poisson. Le café de Guy Tartaud ou le Saint Hubert d’Alain Virmoux ne respirent plus le parfum envoûtant d’avant ou après match, lorsque les inconditionnels faisaient ou refaisaient la composition de l’équipe...

   Les jours passent sur ce rêve enfoui dans la mémoire.

   Les dirigeants, les journalistes, n’ont pas encore abdiqué et multiplient, à leur façon, les démarches pour connaître la décision de Vauban-Strasbourg. L’avenir tient à un fil...

   Le jeudi 4 juin, c’est la bombe ! Les Alsaciens refusent l’accession. Alors... il faut attendre les intentions de Belfort, que le Groupement du football professionnel a sollicité.

   Un long week-end s’écoule sans que la réponse soit connue. Lundi 9 juin, Belfort refuse de monter en seconde division. Montmorillon est maintenu par la grâce d’une moyenne de spectateurs supérieure à celle de Mulhouse.

   Il est quinze heures lorsque la nouvelle se propage. Elle court les rues à la vitesse d’un éclair, et serpente jusque dans le voisinage. Le soir, la fête est revenue. Les cafés sont bondés. Sitôt qu’un joueur s’aventure dans le centre de la ville, il est salué par le tintamarre des avertisseurs de voitures, et reçoit une multitude de tapes amicales.

   L.’U.E.S. Montmorillon renaît de ses cendres et son public avec. Une ville se dresse.

   Jean-Luc Joyeux, Hervé Minier,Yves Devillechabrolle, sont les premiers renforts à s’embarquer pour la nouvelle aventure. Le 9 août, Montmorillon recevra Paris F.C.

   Quel dommage si l’on avait manqué ça !
 

Avec l'aimable autorisation d'Eric Cachart

Dernière mise à jour : 04-09-2009 10:17


   
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