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 Samedi 26 avril 1980

Une classe d'écart
   Angoulême - Montmorillon : 3 - 0

   Pour un seul match à domicile face à Chaumont, l’U.E.S.M. a trois déplacements, et non des moindres, à effectuer. Le calendrier de cette fin de championnat n’a donc rien de très propice à l’expression d’un optimisme béat.

   Certes, le récent succès sur Rouen a entretenu l’espoir. Mais celui-ci subsistera-t-il dans quelques heures, après la partie à Angoulême ?

   Volontiers optimiste, Lekkak réserve ses propos. Il a toujours affirmé, depuis le début de la saison, que tout point obtenu à l’extérieur serait en quelque sorte miraculeux. Il ne dément pas cette opinion dans les conversations privées, alors que sa formation va devoir rivaliser avec une homologue techniquement et tactiquement mieux armée.

   L’A.S. Angoulême prépare de plus son match de quart de finale de la Coupe de France, qui l’opposera à Orléans, et certains éléments ont à confirmer leurs bonnes dispositions morales et physiques.

   Alain Meunier qui, blessé, n’avait pu jouer contre Rouen, occupe la banc de touche en compagnie de Joël Pinaud, l’un de ces jeunes que Lekkak prépare doucement pour l’avenir, comme il l’avait fait pour Eric Vergnaud ou Hervé Manceau, entré en cours de match face à Reims.

   Il ne faut pas plus de trois ou quatre échanges pour réaliser que les Charentais n’ont pas l’esprit uniquement tourné vers la Coupe. Leur football possède une dimension nettement supérieure à celle des Montmorillonnais, souvent perdus dans ce ballet que dansent leurs adversaires.

   Ravail traduit cette supériorité en exécutant Poinot à l’approche de la demi-heure de jeu. Un jeu qui devient un supplice pour Poinot, lequel encaisse deux autres buts par la suite, des pieds de Kovacic et Dumat.

   Il y a une classe d’écart entre les deux équipes. Angoulême présente, par certains aspects, les qualités des formations de première division. Montmorillon doit sa place à ce niveau au talent de ses individualités, et au courage et à la volonté des autres.

   Ce qui est suffisant dans le cadre bien particulier de la route d’Haims, ne l’est pas au stade Chanzy à Angoulême. Il manque encore trois points (objectif : 27) pour espérer se maintenir. Passe encore de battre Chaumont, il faudra prendre un point à Reims ou à Rennes.

   L’avenir s’assombrit.

   Le championnat est terminé par contre pour Serge Fumeron, expulsé à trois minutes de la fin pour avoir rendu trop généreusement à Kovacic le coup que ce dernier lui avait discrètement donné. Trois matches de suspension guettent le plus solide, sans doute, des joueurs montmorillonnais. Il a tant payé de sa personne au cours de la saison, qu’il aurait mérité une sortie plus glorieuse et moins houleuse. A trente ans, il quitte l’arène comme un collégien pris sur le fait d’une bêtise. Il ne disputera pas les trois matches décisifs, lui qui n’en avait manqué aucun au cours de l’année.

   Sans un mot, dans le vestiaire, il range ses affaires dans son sac, qu’il déposera en rentrant dans un coin de la maison. Il aura tout son temps, maintenant, pour aller voir jouer Château-Garnier, l’équipe qu’il entraîne, là où il a fait ses premiers pas de footballeur.
 

Avec l'aimable autorisation d'Eric Cachart

Dernière mise à jour : 04-09-2009 10:17


   
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