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Le bonheur retrouvé
Montmorillon - Rouen :
2 - 1
Depuis plusieurs jours, le
printemps a ponctué son apparition par quelques rayons de soleil. Ce 19
avril n’échappe pas à la règle, pour le plus grand plaisir des deux mille
trois cent douze personnes venues au stade. C’est, il est vrai,
l’avant-dernière fois de la saison que les Montmorillonnais évolueront à
domicile, et Rouen possède en Laraignée, Bula, et Martinez, d’authentiques
joueurs de première division.
Les amateurs de spectacle en sont cependant pour leurs frais, car
Rouen a, selon l’expression, «fermé la porte» ; à double tour, pourrait-on
ajouter.
Par bonheur, Montmorillon évolue avec la fraîcheur d’âme de ses
débuts, et se crée de belles occasions. Ce concert de louanges est néanmoins
terni par un contre de Martinez, laissant pantois l’infortuné Poinot. On
joue alors depuis vingt-huit minutes exactement, et cette réalisation prend
presque l’ampleur d’une catastrophe.
Dire de Gatefait, ancien stagiaire à Saint-Etienne, qu’il est
encore vert serait un euphémisme. C’est lui, pourtant, qui égalise, en
reprenant de volée une déviation de Queyrel. Ce juste rétablissement du
score ne suffit pas. Queyrel le sait, qui profite d’une tentative
d’alignement des Normands, et d’une « toile » de Laraignée, pour quérir seul
le fruit de sa passion.
Toute la seconde mi-temps paraît sans fin, mais elle débouche en
son terme sur une précieuse victoire.
La foule entonne son refrain favori : elle a gagné.
Dans le vestiaire, les joueurs consultent les résultats. Blois et
Lucé victorieux, c’est une mauvaise nouvelle. Châteauroux et Limoges battus
en est une bonne. Tours, enfin, a tenu parole en s’imposant en Haute-Marne.
Il est un peu gênant d’en arriver à souhaiter la misère des autres pour
assurer son propre bonheur.
Dans le football comme ailleurs, la nécessité a force de loi.
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