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 Samedi 29 mars 1979

Mission accomplie
   Montmorillon - Orléans : 2 - 0

   Outrageusement passionné par son équipe, Lekkak a parfois le comportement excessif de certains adjudants de compagnie au regard un peu torve. Qu’à cela ne tienne : sa compétence est reconnue de façon unanime, et ses détracteurs seraient mal avisés de le critiquer à Montmorillon.

   S’il s’emporte parfois, du banc de touche ou dans les vestiaires, c’est toujours dans l’intérêt commun, et il est le premier à apaiser les uns ou aider les autres. Cela étant, il a forgé depuis plusieurs semaines à sa troupe un esprit qualifié de commando, à mesure que vont se disputer les dernières batailles pour le salut. L’expression peut paraître un peu guerrière pour qui rappelle la définition du sport ; elle l’est en quelque sorte du fait de la compétition.

   La réception d’Orléans ce soir entre justement dans le cadre de ces grandes manoeuvres du printemps. Il faut vaincre, et ce n’est pas trahir la pensée de l’entraîneur d’ajouter qu’il le faut à tout prix.

   Jugé émoussé, Gilles Fumeron occupe le banc de touche en compagnie de Penault, auquel il est reproché la fréquence des matches universitaires. Ici, on ne badine pas avec la discipline.

   Venus pour un feu d’artifice digne de celui du 14 juillet, deux mille cent cinquante-sept spectateurs ont acquitté le droit d’entrée, à la fois pour le spectacle et pour Orléans, dont l'auréole grandit à chaque fois qu'il passe un tour en Coupe de France.

   Abordant la rencontre avec détermination, Montmorillon joue vite et bien. Ribardière retrouve les coups de patte qui avaient fait de lui l’un des plus sûrs espoirs de sa génération, alors que Gatefait se montre insaisissable sur l’aile gauche.

   Juste avant le repos, Queyrel évite le piège du hors-jeu et marque.

   Le juge de touche a levé son drapeau, mais est désavoué. Le phénomène inverse se reproduit à plusieurs reprises, alors que la marque est sur le point d’évoluer.

   Il faut attendre la quatre-vingt-huitième minute pour que Gatefait libère tout son monde en distillant un coup franc aux allures de chef-d’oeuvre.

   La fête continue. Savatier offre le champagne dans le vestiaire.

   Mission accomplie, chef !
 

Avec l'aimable autorisation d'Eric Cachart

Dernière mise à jour : 04-09-2009 10:17


   
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