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 Samedi 16 février 1980

Opération mantien
   Montmorillon - Limoges : 2 - 1

   Voici des mois que l’on pense à ce derby avec Limoges. La défaite de l’aller, les incidents qui avaient scellé cette rencontre, font que la confrontation de ce soir passionne tout le haut du Limousin.

   Il y est question de suprématie, ce qui est presque un comble pour Limoges, mais aussi et avant tout de maintien. Car à quelques heures du coup d’envoi, Montmorillon a une très jolie carte à jouer. Quinzième avec dix-sept points à égalité avec Lucé, mais avec deux unités d’avance sur Châteauroux et Blois, l’équipe de la Vienne n’est qu’à deux longueurs de son rival limougeaud. «C’est un tournant », n’a cessé de proclamer Lekkak. Reste à voir comment il sera négocié.

   Si le petit exploit signé précédemment en Berry laisse la porte ouverte à tous les espoirs, il a par contre coûté sa place à Delpierre, lequel a écopé de quatre matches de suspension pour son jeu de tête trop virulent. Il serait intéressant d’analyser les raisons profondes qui modifient le comportement d’un homme sur le terrain. Quoique d’un abord sérieux et réservé, René Delpierre possède toutes les qualités de ses concitoyens du nord de la France. C’est pourquoi son geste incontrôlé de la semaine passée a surpris, voire choqué ses amis.

   Les faits sont cependant là, et Lekkak a dû une nouvelle fois bouleverser sa défense. Bajou sera libéro, Penault stoppeur, et Grégoire demi à tendance défensive. Son homologue limougeaud est pour sa part privé de ses deux attaquants fétiches : Liotard et Quesney si bien que la formation alignée a une vocation ultra-prudente.

   Le temps d’un dernier hommage au regretté Jean Mazabraud, tragiquement disparu quelques semaines auparavant, et Limoges débute la rencontre avec brio, semant parfois un vent de panique chez les locaux.
Ceux-ci laissent passer l’orage sans qu’il ait de conséquences fâcheuses, et plantent leurs premières épines offensives. Queyrel, de par sa fraîche réputation, est étroitement surveillé sur les corners. Gatefait cherche par conséquent d’autres partenaires. Il trouve ainsi Alain Meunier, dont la reprise foudroie, à la trente-septième minute, le gardien limougeaud Charpentier. Cette réalisation soulève l’enthousiasme des deux mille sept cent trente-huit spectateurs, lesquels sont encore à leur joie quand ce même Meunier est abattu sans vergogne par Goutoule. Penalty pour Gatefait, et but.

   La seconde période baisse un peu d’intensité, et le dernier pétard salue un but de Guillon, lequel a profité d’une mésentente entre Poinot et Penault. A trois minutes du coup de sifflet final, cette réalisation est trop tardive.

   Ayant retrouvé le chemin du succès, Montmorillon a renoué du même coup avec l’espoir. Lekkak donne cinquante pour cent de chances à ses protégés de se maintenir. Chaque match ressemblera désormais à une opération commando...
 

Avec l'aimable autorisation d'Eric Cachart

Dernière mise à jour : 04-09-2009 10:17


   
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