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 Samedi 2 février 1980

Incroyable... Mais vrai !
   Châteauroux - Montmorillon : 2 - 2

   Redescendant petit à petit les marches vers l’enfer, Montmorillon doit assurer son salut au plus vite par des performances à l’extérieur. Il retrouve aujourd’hui Châteauroux pour la quatrième fois de la saison, mais jamais auparavant la confrontation n’avait atteint une telle dimension. C’est presque là le derby de la dernière chance, et les esprits sont tout aussi échauffés que les muscles bien avant le début de la partie.
Delestre, le bourreau de la première manche, un instant pressenti, est finalement absent. Pour le grand bonheur des défenseurs montmorillonnais, et ce quoique Patrick Meunier ne figure pas sur la feuille de match...

   Les Berrichons entament les hostilités avec une rare vigueur et sont par conséquent les premiers à mettre la cage de Poinot en péril. Se mêlant à ses partenaires de l’attaque, Biernacki pose le premier jalon d’un éventuel futur succès. Imité peu après par son compère polonais Kwasniewski.

   Deux buts de retard au repos, c’est beaucoup plus que Lekkak avait envisagé. Celui-ci ne sait trop comment redonner du tonus à ses protégés mais se décide, cependant, à faire entrer Guichard à la place de Gilles Fumeron.

   Les échanges deviennent plus vifs sans toutefois se traduire par un ascendant réel. A propos d’échange, le contentieux opposant Delpierre à Verrier a quitté depuis belle lurette le domaine verbal. Bien plus, les deux hommes profitent parfois de ce que l’arbitre M. Briguet a le dos tourné pour se caresser les tibias ou s’adresser quelques bourrades. L’homme en noir suit donc le jeu à la 53e minute, lorsque Delpierre, après un nouvel accrochage, se relève promptement court après son « cher ami » Verrier et lui assène un coup de tête à faire trembler le plus solide pot de fer. Le pot de terre s’effondre sur le gazon et l’agresseur rejoint le vestiaire bien avant ses partenaires sur l’insistance de l’arbitre.

   Il est inutile de préciser qu’à dix unités, Montmorillon semble voué à la plus grande déconfiture. Le contraire serait surprenant. En sept minutes, A. Meunier et Queyrel se chargent de rétablir l’équilibre et manquent ensuite de peu une victoire à leur portée.

   Châteauroux, méconnaissable, a mal assumé son complexe de supériorité.

   Montmorillon a repoussé une nouvelle fois les limites de sa valeur morale. Pas un bookmaker n’aurait osé parier sur un match nul quand Delpierre s’est fait expulser. Maniant l’incroyable avec désinvolture. La bande à Lekkak n’a donc pas fini d’étonner.

   Dans dix ans, ce fait d’armes sera entré dans la légende du club...
 

Avec l'aimable autorisation d'Eric Cachart

Dernière mise à jour : 04-09-2009 10:17


   
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