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Incroyable... Mais vrai !
Châteauroux - Montmorillon :
2 - 2
Redescendant petit à petit les
marches vers l’enfer, Montmorillon doit assurer son salut au plus vite par
des performances à l’extérieur. Il retrouve aujourd’hui Châteauroux pour la
quatrième fois de la saison, mais jamais auparavant la confrontation n’avait
atteint une telle dimension. C’est presque là le derby de la dernière
chance, et les esprits sont tout aussi échauffés que les muscles bien avant
le début de la partie.
Delestre, le bourreau de la première manche, un instant pressenti, est
finalement absent. Pour le grand bonheur des défenseurs montmorillonnais, et
ce quoique Patrick Meunier ne figure pas sur la feuille de match...
Les Berrichons entament les hostilités avec une rare vigueur et
sont par conséquent les premiers à mettre la cage de Poinot en péril. Se
mêlant à ses partenaires de l’attaque, Biernacki pose le premier jalon d’un
éventuel futur succès. Imité peu après par son compère polonais Kwasniewski.
Deux buts de retard au repos, c’est beaucoup plus que Lekkak avait
envisagé. Celui-ci ne sait trop comment redonner du tonus à ses protégés
mais se décide, cependant, à faire entrer Guichard à la place de Gilles
Fumeron.
Les échanges deviennent plus vifs sans toutefois se traduire par un
ascendant réel. A propos d’échange, le contentieux opposant Delpierre à
Verrier a quitté depuis belle lurette le domaine verbal. Bien plus, les deux
hommes profitent parfois de ce que l’arbitre M. Briguet a le dos tourné pour
se caresser les tibias ou s’adresser quelques bourrades. L’homme en noir
suit donc le jeu à la 53e minute, lorsque Delpierre, après un nouvel
accrochage, se relève promptement court après son « cher ami » Verrier et
lui assène un coup de tête à faire trembler le plus solide pot de fer. Le
pot de terre s’effondre sur le gazon et l’agresseur rejoint le vestiaire
bien avant ses partenaires sur l’insistance de l’arbitre.
Il est inutile de préciser qu’à dix unités, Montmorillon semble
voué à la plus grande déconfiture. Le contraire serait surprenant. En sept
minutes, A. Meunier et Queyrel se chargent de rétablir l’équilibre et
manquent ensuite de peu une victoire à leur portée.
Châteauroux, méconnaissable, a mal assumé son complexe de
supériorité.
Montmorillon a repoussé une nouvelle fois les limites de sa valeur
morale. Pas un bookmaker n’aurait osé parier sur un match nul quand
Delpierre s’est fait expulser. Maniant l’incroyable avec désinvolture. La
bande à Lekkak n’a donc pas fini d’étonner.
Dans dix ans, ce fait d’armes sera entré dans la légende du club...
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