Retour

 Samedi 8 décembre 1979

Le jour se lève
   Lucé - Montmorillon : 1 - 1

   Sourire en coin, Lekkak a enregistré le succès aux dépens de Quimper avec une assurance tranquille. Avant de laisser ses joueurs aux réjouissances de fin d’année, il a instauré une discipline de fer. Les entraînements sont ainsi très poussés. Par ailleurs, le vestiaire est interdit durant un quart d’heure après les matches, afin que ses « poulains » récupèrent tranquillement de leurs efforts. Cette dernière décision n’a pas plu à tout le monde, principalement aux journalistes, contraints de « poireauter» au dehors pour recueillir les états d’âme de ces messieurs... La fin justifie parfois les moyens, et personne ne songe en fait à lui en faire grief.

   Pour que le sursaut de la semaine passée prenne une réelle signification, il faut absolument que Montmorillon ne s’incline pas aujourd’hui à Lucé ; une formalité à remplir sans Gatefait suspendu. De leur côté, les Beaucerons (Lucé est situé dans la banlieue de Chartres), misent sur les coups de patte de Bernard Lech pour faire une indispensable différence.

   A quelques minutes du coup d’envoi, le climat est tendu. D’une part, la pluie a rendu le terrain marécageux, et tout peut arriver sur une surface qui modifie ostensiblement la course de la balle. D’autre part, les dirigeants Lucéens ont déposé une réclamation quant à la qualification de Poinot, tout comme l’avait fait auparavant Besançon.

   Le ton employé dans ce mini-dialogue a eu pour effet de courroucer Marcel Bertrand, l’accompagnateur de l’équipe. Toujours là pour préparer les affaires, échauffer les joueurs, celui-ci doit veiller à ce que personne ne manque de rien, et subir, de temps à autre, les colères de l’entraîneur... Homme adorable, il a cette fois l’esprit échauffé par ces magouilles» dont il a n’a pas encore une entière habitude. Il maugrée, mais reste confiant.

   Les deux formations, contractées, s’épuisent sur ce terrain spongieux. Les conditions atmosphériques font peser sur le débat plus d’incertitude que les mouvements collectifs, assez rares. Sur un corner tiré par Dufoix, la balle s’enlise à six mètres du but de Poinot. Guichard intervient en catastrophe, mais avec un dixième de seconde de retard qui permet à Ramirez de pousser la sphère au fond des filets.

   L’action s’est déroulée juste avant le repos. Par la suite, Lech échoue plusieurs fois sur Poinot. Mais c’est Guichard qui reprend instantanément une action « A. Meunier - G. Fumeron » pour marquer. Cette égalisation n’a pas de prix.

   Montmorillon met tout son coeur à la défendre et y parvient. Trois points en deux matches. Cela ne s’était pas encore produit. Couvert de sombres nuages, le ciel montmorillonnais s’est brusquement éclairci. Le jour se lève..
.

Avec l'aimable autorisation d'Eric Cachart

Dernière mise à jour : 04-09-2009 10:17


   
© UESM - 2000-2001