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Ici Londres !
Chaumont - Montmorillon :
3 - 1
Seizième au classement,
Montmorillon doit terminer la série des matches aller à Chaumont. La
perspective d’un déplacement aussi long, chez une équipe à la recherche de
son second souffle, après une défaite à domicile face à Reims, n’a enchanté
personne. Ce n’est même rien de dire que le climat est à la morosité.
Pour rompre avec les habitudes, Lekkak a décidé que le voyage se
ferait en train le jour même du match. Ce mode de locomotion ne manque pas
d’imprévu. Les Parisiens voient ainsi avec surprise quinze sportifs courir à
la sortie de la gare d’Austerlitz pour prendre un taxi. Ils retrouvent cette
bande de collégiens à la gare de l’Est, se ruant vers le buffet sous les
ordres du plus âgé qui doit être un entraîneur à poigne...
Par bonheur, personne ne manque le train, et l’arrivée à Chaumont a
lieu en fin d’après-midi. Les quais et le hall sont déserts, ou donnent
l’impression de l’être, perdus dans l’épais brouillard recouvrant la ville.
La brume a déposé son lourd manteau jusqu’aux portes du stade. L’arbitre, le
délégué, les deux camps, se concertent, afin de déterminer si la rencontre
peut se dérouler. Les Montmorillonnais optent pour une solution favorable,
n’éprouvant aucune envie de jouer le lendemain... La régularité sportive
perd parfois de sa crédibilité à cause d’obscurs horaires de chemin de
fer... Les publicités qui entourent le stade sont cependant illisibles sitôt
que l’on est à une extrémité de l’aire de jeu.
Non content de récupérer Queyrel, Lekkak a placé Grégoire arrière
droit et Patrick Meunier milieu de terrain, Savatier et Ribardière faisant
les frais de l’opération. Par temps de brouillard, Chaumont n’a rien à
envier à Londres, et le jeu pratiqué a, par son intensité, tout de celui
dont raffolent les supporters de l’autre côté de la Manche. L’engagement
physique est à son comble. Gatefait, entre autres, ne peut contrôler la
balle sans recevoir, au même instant, les quatre-vingts kilos de l’homme
chargé de le marquer. Les crampons volent bas. Alain Meunier, très en vue,
dans le brouillard... échoue sur le gardien, tout comme Grégoire quelques
secondes plus tard. Le Chaumontais Serpoix, par contre, ne manque pas
l’occasion de marquer, mais Alain Meunier, interceptant le ballon dans le
rond central, ponctue une course solitaire par un tir victorieux.
Le rideau dressé devant chaque joueur rend la partie plus difficile
encore à maîtriser. Djebbar et Abraham en profitent pour ajouter deux buts
que les Montmorillonnais contestent en vain. L’arbitre a l’excuse de ne pas
avoir vu...
La défaite en Haute-Marne plonge l’équipe chère au président
Théneau dans les profondeurs du classement. Lucé et Blois l’accompagnent
dans son infortune. Le partage d’une seizième place avec dix points pour
capital. Le quinzième, Châteauroux, en possède treize, et son prédécesseur
Chaumont, quatorze.
A mi-parcours, on est loin du compte espéré. De nombreux joueurs,
incapables de maîtriser leurs nerfs, sont par ailleurs sous le coup d’une
suspension avec sursis. Il va falloir surveiller les gestes et le langage. |