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 Samedi 24 novembre 1979

Ici Londres !
   Chaumont - Montmorillon : 3 - 1

   Seizième au classement, Montmorillon doit terminer la série des matches aller à Chaumont. La perspective d’un déplacement aussi long, chez une équipe à la recherche de son second souffle, après une défaite à domicile face à Reims, n’a enchanté personne. Ce n’est même rien de dire que le climat est à la morosité.

   Pour rompre avec les habitudes, Lekkak a décidé que le voyage se ferait en train le jour même du match. Ce mode de locomotion ne manque pas d’imprévu. Les Parisiens voient ainsi avec surprise quinze sportifs courir à la sortie de la gare d’Austerlitz pour prendre un taxi. Ils retrouvent cette bande de collégiens à la gare de l’Est, se ruant vers le buffet sous les ordres du plus âgé qui doit être un entraîneur à poigne...

   Par bonheur, personne ne manque le train, et l’arrivée à Chaumont a lieu en fin d’après-midi. Les quais et le hall sont déserts, ou donnent l’impression de l’être, perdus dans l’épais brouillard recouvrant la ville. La brume a déposé son lourd manteau jusqu’aux portes du stade. L’arbitre, le délégué, les deux camps, se concertent, afin de déterminer si la rencontre peut se dérouler. Les Montmorillonnais optent pour une solution favorable, n’éprouvant aucune envie de jouer le lendemain... La régularité sportive perd parfois de sa crédibilité à cause d’obscurs horaires de chemin de fer... Les publicités qui entourent le stade sont cependant illisibles sitôt que l’on est à une extrémité de l’aire de jeu.

   Non content de récupérer Queyrel, Lekkak a placé Grégoire arrière droit et Patrick Meunier milieu de terrain, Savatier et Ribardière faisant les frais de l’opération. Par temps de brouillard, Chaumont n’a rien à envier à Londres, et le jeu pratiqué a, par son intensité, tout de celui dont raffolent les supporters de l’autre côté de la Manche. L’engagement physique est à son comble. Gatefait, entre autres, ne peut contrôler la balle sans recevoir, au même instant, les quatre-vingts kilos de l’homme chargé de le marquer. Les crampons volent bas. Alain Meunier, très en vue, dans le brouillard... échoue sur le gardien, tout comme Grégoire quelques secondes plus tard. Le Chaumontais Serpoix, par contre, ne manque pas l’occasion de marquer, mais Alain Meunier, interceptant le ballon dans le rond central, ponctue une course solitaire par un tir victorieux.

   Le rideau dressé devant chaque joueur rend la partie plus difficile encore à maîtriser. Djebbar et Abraham en profitent pour ajouter deux buts que les Montmorillonnais contestent en vain. L’arbitre a l’excuse de ne pas avoir vu...

   La défaite en Haute-Marne plonge l’équipe chère au président Théneau dans les profondeurs du classement. Lucé et Blois l’accompagnent dans son infortune. Le partage d’une seizième place avec dix points pour capital. Le quinzième, Châteauroux, en possède treize, et son prédécesseur Chaumont, quatorze.

   A mi-parcours, on est loin du compte espéré. De nombreux joueurs, incapables de maîtriser leurs nerfs, sont par ailleurs sous le coup d’une suspension avec sursis. Il va falloir surveiller les gestes et le langage.

Avec l'aimable autorisation d'Eric Cachart

Dernière mise à jour : 04-09-2009 10:17


   
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