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La jeunesse triomphante
Montmorillon - Reims : 0 - 3
Privilège rare, le public se voit
offrir, moins d’une semaine après Angoulême, un autre visiteur de marque :
le Stade de Reims.
L’événement paraît à peine crédible. Ce Stade de Reims, auquel se
joint indéfiniment l’épithète glorieux, se produisant sur le stade de la
route d’Haims, c’est un peu de la légende verte de Saint-Etienne foulant la
pelouse de Rébeilleau à Poitiers. Le tout Montmorillon s’agite. Il insiste
sur le nom prestigieux du club, quand d’autres affirment que l’équipe
actuelle n’est que l’ombre de son auguste aînée.
La foule qui s’est massée autour du terrain se perd un peu au coup
d’envoi avec le numérotage fantaisiste des Rémois.
L’ailier droit Gianetta porte le numéro trois, Prince, le libéro, le numéro
onze et Polaniok, l’avant centre, le numéro quinze. Ce dernier se moque
éperdument de ces considérations, et profite de deux grosses erreurs des
défenseurs locaux pour inscrire deux buts. Son équipe ne s’en porte pas plus
mal, et il en profite pour augmenter son capital au classement des buteurs.
Montmorillon souffre, débordé par cette jeunesse triomphante : le
plus âgé des Champenois a vingt-deux ans. De quoi faire rêver Grégoire,
Billac, Serge Fumeron, Bajou, Poinot ou Delpierre, tous aux alentours de la
trentaine.
Queyrel toujours absent, ses coéquipiers sont à la peine. Leur
moral prend même un coup de vieux lorsque Ribardière tire un pénalty,
octroyé avant le repos, dans les bras du gardien Velud. A la dérive, ils
encaissent un troisième but des pieds de Vercruysse sur la fin.
C’est « le jour sans » dans toute sa splendeur. Mais il intervient
à une date peu indiquée. La lassitude physique est apparue sous un jour
cruel. Il est vrai que ces matches en semaine ne favorisent pas les
amateurs. La fédération française se soucie peu de savoir si Savatier ou
Gilles Fumeron ont débuté très tôt leur journée de labeur, et si le football
n’est somme toute pour eux qu’une activité parallèle, marquée par le plaisir
de la pratiquer.
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