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 Vendredi 16 novembre 1979

La jeunesse triomphante
   Montmorillon - Reims : 0 - 3

   Privilège rare, le public se voit offrir, moins d’une semaine après Angoulême, un autre visiteur de marque : le Stade de Reims.

   L’événement paraît à peine crédible. Ce Stade de Reims, auquel se joint indéfiniment l’épithète glorieux, se produisant sur le stade de la route d’Haims, c’est un peu de la légende verte de Saint-Etienne foulant la pelouse de Rébeilleau à Poitiers. Le tout Montmorillon s’agite. Il insiste sur le nom prestigieux du club, quand d’autres affirment que l’équipe actuelle n’est que l’ombre de son auguste aînée.

   La foule qui s’est massée autour du terrain se perd un peu au coup d’envoi avec le numérotage fantaisiste des Rémois.

   L’ailier droit Gianetta porte le numéro trois, Prince, le libéro, le numéro onze et Polaniok, l’avant centre, le numéro quinze. Ce dernier se moque éperdument de ces considérations, et profite de deux grosses erreurs des défenseurs locaux pour inscrire deux buts. Son équipe ne s’en porte pas plus mal, et il en profite pour augmenter son capital au classement des buteurs.

   Montmorillon souffre, débordé par cette jeunesse triomphante : le plus âgé des Champenois a vingt-deux ans. De quoi faire rêver Grégoire, Billac, Serge Fumeron, Bajou, Poinot ou Delpierre, tous aux alentours de la trentaine.

   Queyrel toujours absent, ses coéquipiers sont à la peine. Leur moral prend même un coup de vieux lorsque Ribardière tire un pénalty, octroyé avant le repos, dans les bras du gardien Velud. A la dérive, ils encaissent un troisième but des pieds de Vercruysse sur la fin.

   C’est « le jour sans » dans toute sa splendeur. Mais il intervient à une date peu indiquée. La lassitude physique est apparue sous un jour cruel. Il est vrai que ces matches en semaine ne favorisent pas les amateurs. La fédération française se soucie peu de savoir si Savatier ou Gilles Fumeron ont débuté très tôt leur journée de labeur, et si le football n’est somme toute pour eux qu’une activité parallèle, marquée par le plaisir de la pratiquer.
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Avec l'aimable autorisation d'Eric Cachart

Dernière mise à jour : 04-09-2009 10:17


   
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