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Du fond du court
Montmorillon - Angoulême : 1 - 1
Sans que l’on puisse parler
d’affolement, les trois défaites successives enregistrées face à Orléans,
Tours et Rouen n’ont pas engendré l’optimisme dans la cité. Il faut donc,
pour éviter le développement d’un pessimisme dangereux, que l’équipe
retrouve la voie du succès face à Angoulême. La chose est plus simple à
exprimer qu’à réaliser.
Le voisin charentais est en effet à ce jour invaincu à l’extérieur,
et n’a pas abdiqué dans ses prétentions à une place de barragiste. On a
suivi, de plus, le parcours des Angoumoisins l’an dernier en Coupe de
France, et c’est avec un mélange de curiosité et de crainte que trois mille
personnes sont accourues au stade.
Avant la rencontre, Alain Queyrel promène sa tristesse dans la
tribune. Il va manquer ce soir le sixième match de la saison à cause de sa
cheville douloureuse. Timide, voire secret, il n’en est pas moins un homme
toujours écorché vif. Ses propos traduisent sa lassitude, quoiqu’il s’en
prenne violemment à ceux qui voudraient faire croire que sa blessure est
anormalement longue à guérir. Dire que cet arrêt fait le bonheur de Grégoire
serait exagéré les deux hommes sont trop liés en dehors du terrain.
Toutefois, Lekkak lui a confié le poste d’avant-centre.
Au fil des minutes, Angoulême exprime des qualités et des défauts
diamétralement opposés à ceux des Montmorillonnais. Ces derniers courent
après un ballon insaisissable, et sont dominés de façon outrageuse. Après
une reprise de volée écrasée sur la barre, Crapoulet, l’avant-centre
charentais, traduit la supériorité de sa formation au tableau d’affichage en
reprenant un tir de Ravail repoussé par Poinot. Rien à ajouter. A cet
instant, Montmorillon, submergé, attend le repos, comme un naufragé
recherche une bouée.
Promu capitaine, Daniel Billac exhorte ses partenaires à la
reprise. Le souvenir des batailles disputées avec Lathus doit lui trotter en
tête. Il y a beaucoup de maladresse dans cette façon de se porter à
l’assaut, mais, curieusement, Angoulême n’affiche plus la même sérénité. Le
but d’avance suffit aux «pros», et ceux-ci se contentent de le préserver.
Dix minutes seulement à tenir ; c’est peu, mais suffisant pour encaisser un
but.
Comme un tennisman se précipite du fond du court pour reprendre une
balle amortie, Philippe Penault quitte momentanément son poste de défenseur,
et frappe la balle de la tête sur un coup-franc adressé par Gatefait.
Chemier, le gardien angoumoisin, n’esquisse aucun geste. Montmorillon
revient de loin. Ce point arraché à la fin a presque un parfum de victoire.
Tout au moins dans le contexte du moment. |