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 Samedi 10 novembre 1979

Du fond du court
   Montmorillon - Angoulême : 1 - 1

   Sans que l’on puisse parler d’affolement, les trois défaites successives enregistrées face à Orléans, Tours et Rouen n’ont pas engendré l’optimisme dans la cité. Il faut donc, pour éviter le développement d’un pessimisme dangereux, que l’équipe retrouve la voie du succès face à Angoulême. La chose est plus simple à exprimer qu’à réaliser.

   Le voisin charentais est en effet à ce jour invaincu à l’extérieur, et n’a pas abdiqué dans ses prétentions à une place de barragiste. On a suivi, de plus, le parcours des Angoumoisins l’an dernier en Coupe de France, et c’est avec un mélange de curiosité et de crainte que trois mille personnes sont accourues au stade.

   Avant la rencontre, Alain Queyrel promène sa tristesse dans la tribune. Il va manquer ce soir le sixième match de la saison à cause de sa cheville douloureuse. Timide, voire secret, il n’en est pas moins un homme toujours écorché vif. Ses propos traduisent sa lassitude, quoiqu’il s’en prenne violemment à ceux qui voudraient faire croire que sa blessure est anormalement longue à guérir. Dire que cet arrêt fait le bonheur de Grégoire serait exagéré les deux hommes sont trop liés en dehors du terrain. Toutefois, Lekkak lui a confié le poste d’avant-centre.

   Au fil des minutes, Angoulême exprime des qualités et des défauts diamétralement opposés à ceux des Montmorillonnais. Ces derniers courent après un ballon insaisissable, et sont dominés de façon outrageuse. Après une reprise de volée écrasée sur la barre, Crapoulet, l’avant-centre charentais, traduit la supériorité de sa formation au tableau d’affichage en reprenant un tir de Ravail repoussé par Poinot. Rien à ajouter. A cet instant, Montmorillon, submergé, attend le repos, comme un naufragé recherche une bouée.

   Promu capitaine, Daniel Billac exhorte ses partenaires à la reprise. Le souvenir des batailles disputées avec Lathus doit lui trotter en tête. Il y a beaucoup de maladresse dans cette façon de se porter à l’assaut, mais, curieusement, Angoulême n’affiche plus la même sérénité. Le but d’avance suffit aux «pros», et ceux-ci se contentent de le préserver. Dix minutes seulement à tenir ; c’est peu, mais suffisant pour encaisser un but.

   Comme un tennisman se précipite du fond du court pour reprendre une balle amortie, Philippe Penault quitte momentanément son poste de défenseur, et frappe la balle de la tête sur un coup-franc adressé par Gatefait. Chemier, le gardien angoumoisin, n’esquisse aucun geste. Montmorillon revient de loin. Ce point arraché à la fin a presque un parfum de victoire. Tout au moins dans le contexte du moment.

Avec l'aimable autorisation d'Eric Cachart

Dernière mise à jour : 04-09-2009 10:17


   
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