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La coupe est pleine...
Orléans - Montmorillon : 2 - 0
Le mois d’octobre tire à sa fin, et l’hiver a
déposé sur Orléans ses premiers frimas. Cette considération purement
atmosphérique est accentuée par la désolation du stade de la Source,
splendide installation faite pour l’athlétisme, et dont les gradins presque
déserts rendent la majestuosité encore plus glaciale. En s’échauffant (ils
en ont grand besoin), les joueurs de chaque camp pensent aux bienfaits que
leur apportera la douche dans moins de deux heures.
Un moment pressenti, Alain Queyrel a dû une nouvelle fois déclarer
forfait, si bien que l’ensemble montmorillonnais semble décidé à conserver
le match nul sur un score vierge, déjà acquis à son entrée sur la pelouse.
Le schéma est donc très simple et lassant à la fois : Montmorillon
laisse la formation du Loiret imposer une maîtrise imparfaite, et attend son
heure par la grâce d’un raid de Gatefait, Alain Meunier ou Gilles Fumeron
avec l’espoir qu’ils passeront individuellement.
Dire que l’on s’amuse dans la tribune consisterait à affirmer que Kant est
le plus grand auteur comique des siècles écoulés, mais, de temps à autre,
l’ailier orléanais Loukaka soulève l’attention du public par
l’impressionnante facilité de ses dribbles. C’est lui qui fait pencher la
balance de son côté lorsqu’il conclut une course de soixante-dix mètres,
balle au pied, par un centre en retrait idéal pour son coéquipier Fortin.
Cette
première
réalisation à deux minutes du repos, a le don de galvaniser les
Montmorillonnais à la reprise. Ceux-ci appuient ainsi plus fréquemment leurs
offensives, et tendent à laisser plus de champ libre à leurs opposants. Ces
derniers, maladroits, n’en tireraient aucun profit si Delpierre ne rendait à
Drouet un centre qu’il a intercepté. Le grand libéro barbu ne réalise pas à
cet instant la présence dans son dos de Poinot qui vient d’amorcer un
plongeon pour intercepter la balle. Ravi de cette aubaine, Drouet ajoute un
second but de près.
La débandade qui suit ne change rien au score, pas plus qu’elle ne
modifie la physionomie de la partie. Orléans est heureux d’avoir bénéficié
de deux cadeaux pour gagner. La formation dirigée par Jacky Lemée ne sait
pas encore qu’elle devra jouer d’une toute autre façon pour atteindre la
finale de la coupe de France quelques mois plus tard. Montmorillon tempête
contre la propension inquiétante qu’il a d’aider les autres à marquer les
buts qu’ils ne savent pas préparer. Bien involontairement, Lekkak ajoute : «
la coupe est pleine ».
Après le match, Delpierre s’entretient avec son ami et ancien
coéquipier Bodji le sujet évoqué concerne des vacances à passer en commun.
Ils auront par la suite d’autres sujets de conversation ! |