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 Samedi 27 octobre 1979

La coupe est pleine...
   Orléans - Montmorillon : 2 - 0

  
Le mois d’octobre tire à sa fin, et l’hiver a déposé sur Orléans ses premiers frimas. Cette considération purement atmosphérique est accentuée par la désolation du stade de la Source, splendide installation faite pour l’athlétisme, et dont les gradins presque déserts rendent la majestuosité encore plus glaciale. En s’échauffant (ils en ont grand besoin), les joueurs de chaque camp pensent aux bienfaits que leur apportera la douche dans moins de deux heures.

   Un moment pressenti, Alain Queyrel a dû une nouvelle fois déclarer forfait, si bien que l’ensemble montmorillonnais semble décidé à conserver le match nul sur un score vierge, déjà acquis à son entrée sur la pelouse.

   Le schéma est donc très simple et lassant à la fois : Montmorillon laisse la formation du Loiret imposer une maîtrise imparfaite, et attend son heure par la grâce d’un raid de Gatefait, Alain Meunier ou Gilles Fumeron avec l’espoir qu’ils passeront individuellement.
Dire que l’on s’amuse dans la tribune consisterait à affirmer que Kant est le plus grand auteur comique des siècles écoulés, mais, de temps à autre, l’ailier orléanais Loukaka soulève l’attention du public par l’impressionnante facilité de ses dribbles. C’est lui qui fait pencher la balance de son côté lorsqu’il conclut une course de soixante-dix mètres, balle au pied, par un centre en retrait idéal pour son coéquipier Fortin. Cette première réalisation à deux minutes du repos, a le don de galvaniser les Montmorillonnais à la reprise. Ceux-ci appuient ainsi plus fréquemment leurs offensives, et tendent à laisser plus de champ libre à leurs opposants. Ces derniers, maladroits, n’en tireraient aucun profit si Delpierre ne rendait à Drouet un centre qu’il a intercepté. Le grand libéro barbu ne réalise pas à cet instant la présence dans son dos de Poinot qui vient d’amorcer un plongeon pour intercepter la balle. Ravi de cette aubaine, Drouet ajoute un second but de près.

   La débandade qui suit ne change rien au score, pas plus qu’elle ne modifie la physionomie de la partie. Orléans est heureux d’avoir bénéficié de deux cadeaux pour gagner. La formation dirigée par Jacky Lemée ne sait pas encore qu’elle devra jouer d’une toute autre façon pour atteindre la finale de la coupe de France quelques mois plus tard. Montmorillon tempête contre la propension inquiétante qu’il a d’aider les autres à marquer les buts qu’ils ne savent pas préparer. Bien involontairement, Lekkak ajoute : « la coupe est pleine ».

   Après le match, Delpierre s’entretient avec son ami et ancien coéquipier Bodji le sujet évoqué concerne des vacances à passer en commun. Ils auront par la suite d’autres sujets de conversation !

Avec l'aimable autorisation d'Eric Cachart

Dernière mise à jour : 04-09-2009 10:17


   
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