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Les trois dernières minutes...
Guingamp - Montmorillon : 2 - 1
La victoire sur Besançon a été le véritable
détonateur du championnat, et c’est une équipe montmorillonnaise totalement
rassérénée qui prend le chemin de Guingamp et de la Bretagne vingt-quatre
heures avant le match.
Le plus soucieux, dans l’histoire, reste Lekkak toujours privé de
Grégoire, il doit aussi se passer des services de Queyrel, victime d’une
entorse de la cheville après son but victorieux samedi dernier. Par chance,
Ribardière est déclaré apte. Plus par force que par raison. C’est Gatefait
qui tiendra le poste d’avant-centre, Patrick Meunier et le jeune Vergnaud
occupant une place sur le banc de touche.
Le déplacement est effectué sous les rires, et cède la place le
samedi matin au tourisme dans la campagne bretonne. Bref, rien à voir avec
une armée de légionnaires en partance pour le front.
Le menu proposé sur le terrain risque pourtant d’être lourd à
digérer, avec comme plat de résistance une formation de Guingamp qui marche
de l’avant. Au coup d’envoi, effectivement, la collation se mue en repas
gastronomique, avec pour hors-d’oeuvre du Le Goff qui arrache les nerfs, du
Gill insaisissable, voire du Colas qui se montre très chaud. Pire, ce même
Colas — un gamin de dix-sept ans — plante une arête dans le coeur de la
défense dès la huitième minute en mystifiant Poinot de près. Le dernier
rempart montmorillonnais doit par la suite multiplier les exploits afin
d’éviter d’entrée une lourde correction à ses coéquipiers.
Depuis vingt-trois minutes, son homologue Blin n’a eu, lui, aucun arrêt à
effectuer, et suit le jeu avec décontraction à l’entrée de sa propre surface
de réparation. Il peut ainsi voir Gatefait s’emparer de la balle dans le
rond central, et entamer un « one man show » sur l’aile gauche. Rateau,
passement de jambes, grand pont, l’accomplissement de ces exploits
techniques conduit l’ex-Poitevin à une vingtaine de mètres sur l’aile gauche
du but de Blin. Guichard, accouru du fond de l’oubli dans l’axe du but,
reçoit ce que l’on a coutume d’appeler un ballon propre, qu’il expédie au
fond des filets sans le salir. Une occasion, un but; Montmorillon n’avait
habitué personne à un réalisme aussi dur. Commence alors la plus
extraordinaire des dominations entrevues à ce niveau.
Guingamp multiplie les débordements, les tirs et les reprises, mais
trouve Poinot sur toutes ses tentatives quand celui-ci n’est pas suppléé par
la barre. Seule occasion montmorillonnaise, Alain Meunier a contraint Blin à
une sortie au pied après un peu plus d’une heure de jeu. Les cinq dernières
minutes, chères au commissaire Bourrel, sont bien entamées quand Guichard se
trouve brutalement seul à une soixantaine de mètres du but de Blin. Bien
mieux qu’un match nul, il entrevoit du coup la possibilité d’un succès, et
s’engouffre dans cette voie, l’espoir grandissant au rythme de chaque
foulée. Perdu dans ce rêve, il oublie Gatefait démarqué face au but vide, et
se fait contrer.
Lekkak, debout devant le banc de touche, n’a pas le temps de
manifester sa réprobation. Guyader, l’arrière guingampais, a filé sur l’aile
gauche, et sert Hervé Le Goff, lequel est abattu, mais l’arbitre laisse
justement le jeu se déployer au profit de Stephan, qui anéantit Montmorillon
en trompant Poinot.
Les trois dernières minutes ont été aussi fatales qu’elles
l’avaient été face à Lucé et Châteauroux. Dans l’optique du maintien, ces
points perdus sont le prétexte à de nombreux regrets. Le premier étant
peut-être de ne pas savoir conserver un résultat défendu avec autant
d’acharnement.
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