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 Samedi 13 octobre 1979

Les trois dernières minutes...
   Guingamp - Montmorillon : 2 - 1

  
La victoire sur Besançon a été le véritable détonateur du championnat, et c’est une équipe montmorillonnaise totalement rassérénée qui prend le chemin de Guingamp et de la Bretagne vingt-quatre heures avant le match.

   Le plus soucieux, dans l’histoire, reste Lekkak toujours privé de Grégoire, il doit aussi se passer des services de Queyrel, victime d’une entorse de la cheville après son but victorieux samedi dernier. Par chance, Ribardière est déclaré apte. Plus par force que par raison. C’est Gatefait qui tiendra le poste d’avant-centre, Patrick Meunier et le jeune Vergnaud occupant une place sur le banc de touche.

   Le déplacement est effectué sous les rires, et cède la place le samedi matin au tourisme dans la campagne bretonne. Bref, rien à voir avec une armée de légionnaires en partance pour le front.

   Le menu proposé sur le terrain risque pourtant d’être lourd à digérer, avec comme plat de résistance une formation de Guingamp qui marche de l’avant. Au coup d’envoi, effectivement, la collation se mue en repas gastronomique, avec pour hors-d’oeuvre du Le Goff qui arrache les nerfs, du Gill insaisissable, voire du Colas qui se montre très chaud. Pire, ce même Colas — un gamin de dix-sept ans — plante une arête dans le coeur de la défense dès la huitième minute en mystifiant Poinot de près. Le dernier rempart montmorillonnais doit par la suite multiplier les exploits afin d’éviter d’entrée une lourde correction à ses coéquipiers.

   Depuis vingt-trois minutes, son homologue Blin n’a eu, lui, aucun arrêt à effectuer, et suit le jeu avec décontraction à l’entrée de sa propre surface de réparation. Il peut ainsi voir Gatefait s’emparer de la balle dans le rond central, et entamer un « one man show » sur l’aile gauche. Rateau, passement de jambes, grand pont, l’accomplissement de ces exploits techniques conduit l’ex-Poitevin à une vingtaine de mètres sur l’aile gauche du but de Blin. Guichard, accouru du fond de l’oubli dans l’axe du but, reçoit ce que l’on a coutume d’appeler un ballon propre, qu’il expédie au fond des filets sans le salir. Une occasion, un but; Montmorillon n’avait habitué personne à un réalisme aussi dur. Commence alors la plus extraordinaire des dominations entrevues à ce niveau.

   Guingamp multiplie les débordements, les tirs et les reprises, mais trouve Poinot sur toutes ses tentatives quand celui-ci n’est pas suppléé par la barre. Seule occasion montmorillonnaise, Alain Meunier a contraint Blin à une sortie au pied après un peu plus d’une heure de jeu. Les cinq dernières minutes, chères au commissaire Bourrel, sont bien entamées quand Guichard se trouve brutalement seul à une soixantaine de mètres du but de Blin. Bien mieux qu’un match nul, il entrevoit du coup la possibilité d’un succès, et s’engouffre dans cette voie, l’espoir grandissant au rythme de chaque foulée. Perdu dans ce rêve, il oublie Gatefait démarqué face au but vide, et se fait contrer.

   Lekkak, debout devant le banc de touche, n’a pas le temps de manifester sa réprobation. Guyader, l’arrière guingampais, a filé sur l’aile gauche, et sert Hervé Le Goff, lequel est abattu, mais l’arbitre laisse justement le jeu se déployer au profit de Stephan, qui anéantit Montmorillon en trompant Poinot.

   Les trois dernières minutes ont été aussi fatales qu’elles l’avaient été face à Lucé et Châteauroux. Dans l’optique du maintien, ces points perdus sont le prétexte à de nombreux regrets. Le premier étant peut-être de ne pas savoir conserver un résultat défendu avec autant d’acharnement.
 

Avec l'aimable autorisation d'Eric Cachart

Dernière mise à jour : 04-09-2009 10:17


   
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