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 Samedi 6 octobre 1979

"On a ga-gné !"
   Montmorillon - Besançon : 1 - 0

  
Au cours de la semaine qui a suivi le déplacement limousin, Lekkak n'a guère laissé à ses hommes le temps de songer au passé, en multipliant les séances d’entraînement très poussées, et celles-ci ont constitué un décrassage à la fois moral et physique. Il est vrai que tout son monde devra être en pleine possession de ses moyens s’il veut décrocher le rêve poussiéreux d’un premier succès aux dépens de Besançon. Ce dernier a, dit-on, de grosses ambitions, et l’a prouvé en allant s’imposer 5-1 à Guingamp. Excusez du peu !

   On ne sait s’il en est de même à Brest, mais il pleut depuis le matin sur Montmorillon qui forge sereinement les armes de sa victoire. Deux mille trois cents personnes bravent une nouvelle fois les intempéries pour voir si leurs protégés vont parvenir à leur dessein face à une formation qui possède en Bernad, Raspollini, Martinez et Bialas, des habitués aux joutes de plus haut niveau.

   De son côté, Lekkak n’a que des joueurs dont la réputation a au mieux franchi les limites du département. La trentaine passée, Jacques Bajou est tout juste de ceux-là, quoiqu’il porte le maillot de l’U.E.S.M. depuis une dizaine d’années. Grégoire suspendu pour trois matches, Ribardière convalescent et Patrick Meunier peu convaincant, le milieu de terrain est singulièrement dégarni. Bajou porte donc le numéro six au coup d’envoi, et effectue ses débuts en seconde division par la grande porte, lui qui pensait ne pouvoir être à son âge qu’un douzième homme, une roue de secours pour un carrosse déjà attelé.

   Il s’acquitte non seulement fort bien de sa tâche, mais connaît de plus l’ivresse de la victoire grâce à un but de Queyrel, obtenu après une heure de jeu, qu’il défendra de toute son énergie. Son entrée a, par conséquent, été doublement remarquée. L’une des deux raisons sera probablement un bon prétexte à ce qu’il offre le champagne dans le vestiaire... Depuis neuf semaines qu’il s’entraînait, le public a enfin chanté qu’il avait gagné. Cette association, voire cette communion avec les joueurs a un côté bon enfant. Elle n’en traduit pas moins l’orgueil de voir Montmorillon, aux petits moyens, imposer sa superbe aux nantis. Toute une population se sent soudainement encore plus concernée qu’elle ne l’était auparavant. Il y a longtemps, sans doute, que l’équipe est un moyen de venger inégalités sociales ou vexations administratives ; ce soir, elle a libéré les siens, qui poursuivront jusqu’au petit matin les chants et les rires.

   Ce « ON A GA-GNE» aux accents patriotiques est peut-être tout bonnement de la joie de vivre !
 

Avec l'aimable autorisation d'Eric Cachart

Dernière mise à jour : 04-09-2009 10:17


   
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