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La première de Patrick
Montmorillon - Châteauroux : 2 - 2
Comme on se retrouve ! Après deux matches
amicaux soldés par autant de résultats nuls, Montmorillon retrouve
Châteauroux sur le stade de la route d’Haims. Cette « belle » est
diversement commentée. Les optimistes attendent de cette septième journée
qu’elle apporte le premier succès, et affirment que la Berrichonne, moins
bien partie que les « Macarons », ne sera pas un rival périlleux. Les autres
basent leur raisonnement sur l’incertitude d’un derby, sachant que toute la
population du Blanc et de ses alentours ne donnera ses faveurs qu’au plus
méritant. Enfin, la présence de Delestre, l’ex Lyonnais, au centre de
l’attaque castelroussine, n’incite personne à la décontraction. C’est bien
ce problème qui tourmente Patrick Meunier. A vingt ans, il a quitté le F.C.
Tours au début de la saison, et fait, depuis, quelques apparitions en équipe
première. Ce soir, Savatier est souffrant, si bien que Grégoire est devenu
arrière latéral. Lekkak a besoin d’un stoppeur athlétique et lui fait appel.
Il aura donc la redoutable charge de Delestre, avec pour mission de le
neutraliser. Ce ne sont pas tant les deux mille cinq cent spectateurs qui
l’effraient, ou même la réputation de son adversaire ; non, c’est une
vilaine grippe qui le rend fiévreux et lui donne les jambes molles. Son
appréhension s’estompe néanmoins au fil des minutes, d’autant que Gatefait a
ouvert la marque dès la dixième minute. « Il est lourd, ce Delestre, mais
pour l’instant, on ne l’a pas beaucoup vu ! » pense-t-il.
Les copains, devant, se créent d’innombrables occasions et, qui sait,
peut-être est-il en passe de gagner ses galons de titulaire avec une
première victoire. Il y songe trop sans doute, au point que le fameux
Delestre prend tout le monde à contre-pied, et s’en vient fusiller Poinot à
quelques minutes du repos. La gamberge s’installe, mais, par bonheur,
Queyrel exécute Olejnik de la tête à la soixante-cinquième minute. « Il faut
tenir maintenant » doit se murmurer Patrick Meunier, alors que ses
coéquipiers manquent occasion sur occasion. Il ne reste plus que cinq,
quatre, trois minutes avant de prendre une douche bienfaitrice. Revoilà
Delestre noyé dans un agglomérat de pieds ; il les évite, laisse l’homme
chargé de l’arrêter couché sur l’herbe, et glisse la balle au fond du but.
Un coup de massue n’aurait pas d’autre effet.
A l’issue, Troupel, l’entraîneur de Châteauroux, félicite ses
joueurs, et affirme que les Montmorillonnais seront durs à battre chez eux.
De leur côté, Lekkak et ses joueurs fustigent cette inattention sur la fin.
Dans un coin, Patrick Meunier se rhabille sans prononcer un mot. Dans sa
tête, la moustache de Delestre le nargue avec cruauté. Il se revoit étendu,
les bras en croix, sacrifié sur l’autel de ses illusions. Il a du
tempérament, mais sa plaie au coeur restera longtemps ouverte.
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