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Entretien avec... Kiki « Lekkak », entraîneur de
Montmorillon : « Il faudra être solide »
Lorsque Denis Devaux annonça aux dirigeants montmorillonnais son intention
de mettre un terme à sa carrière d’entraîneur dans la cité des macarons, ses
interlocuteurs espéraient, sans doute, trouver un moyen pour le faire
changer d’avis. Néanmoins, les jours et les semaines passant, il fallut bien
se mettre en quête d’un successeur à celui qui avait ouvert à l’U.E.S.M. les
portes de la seconde division.
Les offres, les contacts se multiplièrent par dizaines. Quelques
propositions farfelues, d’autres exagérées ou encore inconcevables rendaient
les responsables du club méditatifs quant à l’espoir de dénicher l’oiseau
rare. On crut le tenir en la personne de Gérard Coinçon mais ce dernier, las
d’être sans réponse, donna son accord à Brive.
On en était là de ces atermoiements, quand, au soir du méchoui traditionnel
organisé par Je club, Pierre Jublot, l’ancien entraîneur du F.C. Tours, se
présenta accompagné de Mohammed Lekkak. Quelques discussions, le temps de se
mettre d’accord, et à la surprise générale I’U.E.S.M. se dotait d’un nouvel
entraîneur en la personne de Lekkak.
Alors que l’entraînement, intensif, a repris depuis lundi, nous sommes allés
rencontrer le nouvel homme fort de I’U.E.S.M..
Plutôt petit mais râblé, « Kiki » (c’est son surnom), Lekkak ne se distingue
pas par une morphologie impressionnante. Le contact est cependant facile,
l’homme arbore continuellement un visage souriant que la difficulté de la
tâche proposée n’arrive pas à effacer complètement. Agé désormais de 42 ans
et originaire d’Algérie, Mohammcd Lekkak fit ses premiers pas de footballeur
en France en 1955 à Albi qui évoluait en division d’honneur. II s’ensuivit
un chassé croisé pendant 8 ans, qui le mena successivement de Toulouse à
Albi puis de nouveau à Toulouse avant un exil à Cherbourg précédant une fois
encore un retour à Toulouse.
Ce fut à cette époque, l’occasion de côtoyer, Cahuzac, Mouthon, Roussel ou
Jublot, comme partenaires, et Firoud, Pleimelding et Deladerrière comme
entraîneurs. Période riche en enseignement, et qui prend toute sa dimension
en 1964, lorsque Lekkak est transféré à Rouen. Deux ans en compagnie de
Goujon, Destrumelle, Druda et Phelippon lui donnent un poids supplémentaire
et permettent à notre voyageur du ballon rond de traverser l’hexagone pour
évoluer à Lyon. C’est dans cette dernière ville qu’il connaîtra, en quelque
sorte, l’apogée de sa carrière en participant notamment, aux matches de
Coupe d’Europe face à Tottenham.
Durant trois ans, il jouera aux côtés des Dinallo Guy, Rambert, Nouzaret,
Leborgne, et autres Chauvreau, tout en bénéficiant des conseils prodigués
successivement par Louis Hon et Aimé Mignot.
Un passage d’une saison à Angoulême, lui permet de faire connaissance avec
Meggiolaro (malheureusement décédé), Legros, Leonetti, Grizzetti, Serafin,
Prigent et le Chenadec.
Puis l’heure de la retraite approchant, il regagne la Normandie pour jouer
une année encore à Caen, avant de franchir le pas qui le mènera sur le banc
de touche.
RÉUSSITE A ALENÇON
C’est dans l’Orne, à Alençon, que Lekkak va effectuer le difficile
apprentissage du métier d’entraîneur.
Laissons lui, cette fois, la parole, pour dresser un bilan, de fait
satisfaisant : « Lorsque j’ai pris en main l’équipe d’Alençon, elle évoluait
en promotion de ligue et la réserve opérait en 2• division départementale.
Or, à ce jour, l’équipe fanion est en C.F.4 et la seconde est en promotion
de ligue ! L’assiduité et le sérieux mêlés à la bonne volonté de tous nous
ont permis d’obtenir ces résultats ».
« ETRE SOLIDE »
Une fois évoqué le long périple qui a précédé la venue de Lekkak en terre
montmorillonnaise, nous tentons — bien que ce soit encore prématuré —
d’aborder les problèmes inhérents à la formation dont il a depuis peu la
charge : « Le contact e été bon, il n’y a rien à dire. Je pense que tous les
matches seront difficiles aussi nous faudra-t-il être solide physiquement.
C’est pourquoi je vais m’attacher à ce que l’ensemble soit bien préparé ».
Quelques mots à propos de Denis Devaux, qu’il n’a pas encore rencontré, mais
contre lequel il se souvient avoir joué, alimentent une conversation faite
d’incertitudes et bien évidemment marquée par quelques hésitations.
A trois semaines, seulement, des trois coups du championnat, nous abordons
le chapitre de la technique voire de la tactique. Il y a cette fois plus de
certitude chez Lekkak qui dévoile les grandes lignes composantes de I’U.E.S.M.
79/80 : « Je suis partisan d’un marquage individuel strict avec libéro ; les
joueurs doivent prendre leurs responsabilités... ».
Lui exposant notre avis sur un marquage de zone, qui laisse une plus grande
part à l’intelligence du joueur, Lekkak devient plus péremptoire : « Je suis
pour la simplicité, l’essentiel au football comme dans la vie est de faire
des résultats I ».
Tout en lui souhaitant de faire de ces derniers une habitude plus qu’un fait
du hasard, nous concluons ce premier entretien par une énumération de
l’effectif. Bien qu’il ne connaisse pas celui-ci, il nous indique, enfin,
qu’il ne devrait plus être modifié désormais.
MATCHES AMICAUX
Le dernier doute subsistant à I’UES Montmorillon concernait les matches
amicaux. Le voile a été levé hier soir avec le rétablissement de certaines
rencontres un moment annulées.
Le programme, ainsi, sera le suivant :
• Samedi 21 juillet à 20 h 30 : Montmorillon - Châteauroux
• Mercredi 25 juillet : Châteauroux - Montmorillon
• Samedi 28 juillet : A Castilon la Bataille (Gironde) : Montmorillon -
Angoulême.
• Samedi 5 août : à St Martin la Rivière : Montmorillon - F.C. Tours.
M. Lekkak souhaite encore un match amical pour le mercredi 1er août.
Hormis Michel Grégoire, tous les joueurs montmorillonnais étaient hier soir
à l’entraînement avec parmi eux, un certain René Delpierre dont on peut
désormais affirmer qu’il sera Montmorillonnais la saison prochaine.
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